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Critique de Columba

Voyagent-ils seuls ou en couple ? Je ne le sais pas, mais vous trouverez bon nombre de livres pour vous détailler leurs moeurs. Vous concernant, par contre, vous aurez le choix et pourrez jouer en duel ou à 4, en équipes de deux.

Les pigeons, c'est vous, enfin, non, vous vous allez plutôt les capturer et leur construire de beaux pigeonniers, tandis qu'en prédateurs avisés, vos adversaires enverront leurs faucons se rassasier de vos gentils volatiles. La tuile, quoi : à moins que vous ne parveniez à tuer leurs assauts dans l'oeuf...

Matériel

C'est sous un emballage plastique mal célophané (la machine ne devait pas être assez chauffée) que se trouve notre boîte de jeu. Si ça ne fait pas joli, ça rend au moins l'ouverture plus aisée.

Comme à l'accoutumée chez l'éditeur, et on apprécie, on voit au dos de la boîte écrit en caractères assez gros "Made in France" et en plus petit, en dessous "(except cards and wooden pieces)". Bon, bah du coup, il ne reste plus grand chose de maider ine France finally.

Les pions en bois sont redoutablement gros et magnifiques, tous n'étant pas identiques afin d'enjoliver encore la chose. Posés en jeu durant la partie, ils ajoutent à l'esthétique du matériel indéniablement.

Les cartes-tuiles sont d'un format idéal pour que la manipulation soit aisée sans que le jeu ne s'étale de trop sur la table. Les tuiles faucons également. On aurait préféré du véritable carton à cet intermédiaire, mais bon, ce n'est pas méchant du tout et le jeu est proposé à un prix très abordable.

Soulignons également que le jeu est le résultat d'un concours et est donc déjà primé et qu'il apporte via vos achats un soutien au fond du patrimoine : louable de la part d'une maison d'édition de taille humaine, qui de plus milite pour faire connaitre sa région, son département, certainement parmi les plus beaux de France...

Règles

La règle du jeu tient en 4 pages et propose une version pour les juniors, une autre avec les règles avancées, qui, je vous rassure, sont simples à appréhender, sans pour autant empêcher le jeu d'avoir une certaine profondeur stratégique (et un peu de hasard au milieu pour épicer tout ça).

A l'époque féodale, un colombier (ou pigeonnier) était un édifice en forme de tour destiné à loger et élever des pigeons. En posséder un ou plusieurs était un privilège du seigneur haut justicier. Et ici, tels des châtelains, vous allez devoir bâtir des pigeonniers sur vos terres pour augmenter votre prestige.

Vous allez donc capturer et domestiquer des pigeons pour vos domaines tout en subissant les attaques des faucons élevés pour la chasse par vos adversaires.

En début de partie, les joueurs démarrent avec une carte objectif sur leur plateau personnel. Une autre est piochée et posée au centre de la table et démarre "le paysage". Celles-ci possèdent quatre emplacement représentant les pigeons à capturer. Celles que vous avez pour démarrer vous demandent d'en avoir un de chaque espèce. Une fois l'objectif accompli, les pigeons glissent vers la réserve personnelle des joueurs : ce sont maintenant des pigeons "domestiques". Le joueur repioche une carte objectif s'il le souhaite et joue de suite celle qu'il vient de terminer.

A son tour, on pioche une carte qu'on ajoute au paysage, en recouvrant tout ou partie des tuiles déjà en place. Chaque pigeon recouvert est alors acquis et on prend les tuiles correspondantes qu'on pose sur sa carte objectif. On ne peut cependant recouvrir et donc capturer que les pigeons que demande notre tuile objectif. Une fois notre coup joué, on peut poser un de ses rares pigeonniers (dont le nombre varie selon le nombre de joueurs présents) sur une case du paysage : celle-ci et toutes celles qui forment avec elle une zone discontinue de pigeons identiques ne sont alors plus 'capturables' par les autres joueurs. Bien entendu, une zone ne peut en relier une autre et il ne peut pas y avoir plus d'un pigeonnier par zone.

On peut utiliser les pigeons domestiques pour différentes actions :

- Elever et/ou nourrir des faucons : deux pigeons pour avoir un bébé faucon, et deux de plus, dans un tour ultérieur pour le rendre adulte.

- Les placer en jeu de façon à agrandir une de nos zones.

Les faucons (adultes) peuvent se placer n'importe où sur le paysage. Généralement, vous les utiliserez pour diminuer la zone d'un pigeonnier adverse en la coupant en deux.

La partie s'achève quand il n'y a plus de cartes à piocher, chaque joueur gagne 1 point de prestige par pigeon présent dans ses zones où se trouve un de ses petits pigeonniers, et 2 points par pigeon se trouvant dans une zone dominée par un de ses gros pigeonniers. De plus, chaque joueur ayant une carte objectif incomplète perd 4 points.

C'est simple, on subit le hasard de la pioche tout en optimisant au possible, on attaque, on gère bien ses rares moments de pose de pigeonniers qu'on va ensuite tenter de protéger, on combote au maximum. Tout ça tourne bien, et vite : les parties n'ont pas le temps de s'éterniser et chaque écart réalisé durant un tour peut compter pour la victoire finale.

Durée de vie

Columba est un jeu où le seul hasard se trouve être la pioche des tuiles paysages.

Il peut certes peser lourd dans la balance mais bizarrement, il n'a jamais nuit au plaisir du jeu durant mes parties. De plus, ces dernières étant rapides, si une partie devait vous rester en travers de la gorge, vous pourrez facilement prendre votre revanche aussi sec.

Le jeu n'est pas totalement un jeu abstrait, mais demande de bien analyser ses coups. Lors des derniers, vous pourrez être un peu long à calculer les points rapportés par tel coup en rapport à ceux enlevés à l'adversaire avec tel autre. Il y a des jeux bien plus "prise de tête", mais Columba, du fait de sa richesse cachée, peut provoquer une très légère "analysis paralysis".

De fait, vous ne serez pas surpris d'apprendre qu'une réelle courbe d'apprentissage se dessine au fil des parties, ce qui est plutôt bon signe.

Mais le jeu pourra sembler répétitif à la longue, les choix n'étant pas non plus légions et les mécanismes assez épurés. Cela pourra éroder l'envie plus rapidement que prévu.

Mais une nouvelle fois, le rapport durée de partie / durée de vie du jeu est des plus intéressants pour ce jeu, tout comme la plupart de ceux produits par Ludocom. Et ça, c'est plutôt bien...

Avis de la rédaction

Un joli jeu bien plaisant, qui rappelle par moments Bloom, que je pense légèrement préférer. Il a pour lui ce rare caractère de pouvoir se pratiquer à deux contre deux, et, à part les jeux d'ambiance et les jeux de cartes dits "de plis", ce genre là ne court pas les rues (ne ratez pas "Carolus Magnus" si un jour vous tombez dessus). Un jeu qui ne devrait pas décevoir, et qui provient d'un des éditeurs les plus agréables du paysage ludique.
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