Tu aimes les films de gladiateurs ?
Tiens, encore un jeu Days of Wonder. Comme d'habitude, ils vont nous avoir pondu un jeu de collecte de cartes, pas trop compliqué, bien familial, avec du matériel somptueux, histoire de combler les pauvres chalands ludopathes que nous sommes. A moins que... Et bien non. Pas cette fois. Voici que Monsieur DoW décide de surprendre son monde, en faisant appel à rien de moins que le maître Kramer en personne. Oh, bien sûr, niveau complexité, tout ça reste très abordable, mais force est de constater qu'un nouveau pas à été franchi, avec ce jeu à mi-chemin entre le jeu familial et le jeu pour joueurs avertis. Le problème avec les jeux hybrides, c'est qu'à trop vouloir plaire à tout le monde on risque de ne finalement contenter personne. L'accueil de Colosseum à sa sortie aura donc été plutôt froid, qui critiquant la longueur et la complexité, qui critiquant le hasard des tuiles. Et bien moi, pourtant, j'aime bien. Présenté par certains comme un Princes de Florence à la sauce mirmillon, Colosseum tient plus pour moi beaucoup plus de Fabrik der Traüme, avec ses spectacles, ludi, venationes et autre munera à réaliser sur des figures imposées. La mécanique, à base d'enchères, de placement, d'échanges et de programmation tourne parfaitement, et le thème est d'autant plus crédible qu'il est servi par un matériel très fourni et de grande qualité. Le système de jeu à la fois opportuniste et calculatoire, avec un cocktail de gestion, de programmation et de hasard. Rien de très original, donc, mais un ensemble cohérent et bien agencé: la seule véritable nouveauté vient en fait du déplacement des nobles, que la combo avec les médailles rend d’ailleurs bien moins hasardeux que la présence de dés ne pourrait le laisser croire. L’interaction est permanente, des enchères aux échanges, en passant par les nobles, les majorités à conquérir et les autres à surveiller, histoire de ne pas se faire siffler son spectacle convoité, synonyme d'élimination assurée. Alors certes, le jeu n'est pas exempt de défauts. C'est vrai qu'être tributaire du tirage des tuiles est parfois frustrant. C'est vrai que l'ensemble est un peu long, surtout de la première partie que l'on passe de nez sur sa feuille d'aide de jeu à programmer son spectacle trois tours à l'avance. C'est vrai que les habitués de Cléopâtre et des Aventuriers du Rail risquent d'être surpris par l'exigence du jeu. C'est vrai qu'il vaut mieux adopter la variante des enchères multiples, histoire de pimenter le jeu est d'éviter les coups de bol monstrueux qui vous pourrissent une partie en un clin d’œil. Et c'est vrai qu'en règle générale je ne suis pas un grand fan des mécanismes de rééquilibrage. Mais qu'importe. Colosseum est un jeu très divertissant et agréable à jouer, ce qui pour moi, est après tout le plus important.