Oasis, oasis, c'est bon, c'est bon !
Après la bombe Tigre & Euphrat et l'agréable découverte de Samuraï, il me tardait de m'attaquer au 3ème volet de la trilogie Reiny des jeux de placements. C'est désormais chose faite, et une fois encore, ce diable de Kniziounet n'aura pas failli à sa réputation. Des mécanismes purs et élégants, de multiples manières d'engranger des points, un thème totalement accessoire que ça aurait été pareil avec des ornithorynques mais qui donne finalement beaucoup de charme au jeu: rien que de très habituel, en somme. La prise en main est immédiate grâce à des règles d'une simplicité déconcertante, mais le potentiel stratégique du jeu est énorme, avec un hasard qui se limite à la mise en place du plateau et au choix de l'ordre des joueurs, ce qui n'est pas pour me déplaire. Surtout, la frustration créée par les mécanismes est tout à fait savoureuse: on voudrait relier les oasis, raccorder les points d'eau, allonger ses caravanes, se créer des zones et si possible bloquer les adversaires, le tout dans cinq couleurs différentes... avec seulement deux chameaux par tour, c'est rude. Mais qu'est ce que c'est bon. Alors évidemment, c'est pas le genre de jeu qui va déclencher de grands fous rires endiablés qui font mal aux côtes, mais en même temps ce n'est pas ce qu'on lui demande. Au moins, les neurones en prennent pour leur grade, et l'interaction est très marquée, avec de nombreuses possibilités de blocages. Le temps de partie est quant à lui idéal (à peine plus d'une demi-heure), et le matériel, que ne renierait pas Haribo, aussi agréable à regarder qu'à manipuler. Bref, le go n'a pas à rougir de son ptit ptit fillot.