Membres
invité
Bienvenue Anonyme





se connecter automatiquement


Publicité

La renaissance des Princes selon Wallace

par Le Zeptien

Je dois avouer avoir été grandement surpris lorsque j’ai appris qu’un éditeur allait se lancer dans la réédition de l’un des jeux les plus mythiques de Martin Wallace, à savoir Princes of the Renaissance. Il faut dire que le Maestro, à quelques exceptions près, ne semble pas beaucoup se soucier de la réédition de ses jeux, ce qui est assez étrange dans certains cas. Celui de Princes of the Renaissance illustre bien mon propos : Voici un jeu qui a rencontré un franc succès en disparaissant vite des étals à sa sortie en 2003, si bien qu’on a vu sur le marché de l’occasion des boites s’échanger à 150 et même 200 dollars. Il y a quelques années maintenant, je m’étais offert un exemplaire pour 50 euros. Cela ne m’a pas empêché cette année de participer au kickstarter de Mercury games (éditeur qui s’est fait remarquer avantageusement avec « The Capitals ») afin d’avoir une version « luxe » d’un jeu qui reste l’un de mes préférés parmi les créations du talentueux auteur anglais.
(NB : Titre trouvé par monsieur Cyril83... notez le "r" minuscule de renaissance : subtil non ?)

« Wahou, quand même !…. »

La nouvelle boite de 2016 à gauche, la boite de 2003 à droite. Un petit regret quand même : Moi, j'aimais bien la Dame au sein nu (un portrait supposé de Lucrèce Borgia) avec sa petite coupette de vin

Oui, en découvrant le contenu de la boite je crois que j'ai eu une sorte de coup de foudre. Je connaissais naturellement la version de PoTR faite par un amateur (très éclairé) que l'on peut encore admirer sur le Boardgamegeek, mais jamais j'aurais imaginé voir un jour arriver une version éditée avec une qualité équivalente. C'est la raison même de cet article, d'abord pour vous montrer ce que cette réédition contient en comparaison avec la boite d'origine, mais aussi pour faire connaître ce jeu diabolique à ceux qui n'ont pas eu l'occasion de s'y frotter. Je vais également vous parler des règles, car il y a quelques changements. Les pouvoirs des personnages ont été entièrement revus, ces modifications leur donnant je trouve un peu plus de muscles.

«Plein les mirettes »

Des silhouettes tout en élégance. Un aperçu également des différentes cartes "Trahison"

Cela commence avec 10 planches de tuiles et jetons divers. Certaines de ces planches sont fournies hors la boite. Il faut dire qu'en plus du matériel d'origine entièrement relooké, Mercury Games a rajouté de nouvelles tuiles cités, de nouvelles tuiles évènement, ainsi que des plateaux individuels sur lesquels vous pourrez poser vos tuiles cités, votre or et jetons d'influence. Les tuiles « Trahisons » sont devenues des cartes, ce qui dans le fond n'est pas plus mal. Un gros pion en bois en forme de croix aux extrémités qui évoquent une lame d'épée (pour l'attaquant) et un pion en forme de bouclier (pour le défenseur) remplacent élégamment les deux cylindres un peu quelconque du jeu d'origine. Les jetons Or et Influence, les deux monnaies du jeu, sont plus gros et plus faciles à manipuler. Mais la première cerise de ce beau gâteau, ce sont ces belles silhouettes en carton, montées sur socle et finement illustrées. Elles représentent les personnages joués par les joueurs, avec en prime la silhouette de Pape pour le joueur qui le contrôlera le temps d'une décade. Sur le verso, on voit le personnage avec un petit marteau d'enchère barré dans un cercle rouge. En fait vous tournerez simplement ce verso vers vos adversaires pour leur signifier que vous passez lors d'une enchère.

Le plateau, les tuiles cités, les tuiles évènements/artistes.

Les tuiles événements/artistes.. classieux non ?

L'un des changements les plus spectaculaires est celui du plateau. Oui parce qu'il faut bien le dire, PoTR avait l'un des plateaux les plus moches de toute la production ludique de ces 15 dernières années (quoique celui de Funkenschlag/Megawatt… heu, non c‘est bon, j‘ai rien dit). A présent, nous avons un plateau plutôt classe, un peu plus dans le thème. Certes, le plateau de PoTR sert surtout à disposer quelques tuiles et jetons pour savoir où en est chaque cité. Il est quand même un point de repère important dans la partie et donc vous le fixerez souvent du regard avant d'examiner de près les tuiles cités de vos adversaires ainsi que leurs troupes.
A propos des cités, chacune est passée de 6 à 8 tuiles, mais on joue toujours avec 6 tuiles, deux sont retirées au hasard dans la mise en place. Même choses pour les tuiles évènements/artistes : on joue toujours 4 tuiles par décade, mais on en écarte deux par décade dorénavant, car il y en des nouvelles. Certaines feront sûrement couiner : par exemple, celle qui s'appelle "Poison" et l'autre "Mercenaries quit"… en lisant leur texte, on se dit tout de suite en ricanant « Rolala, ça c'est sale quand même ! Mais ça promet, gniark! gniark! ». Les reproductions sur les tuiles cités ou artistes de portraits (Borgia, Medicis, Verrochio, Gozzoli, etc…) peintes par des Maîtres de la Renaissance donne un magnifique cachet au jeu.

Concernant les régles, quid novis ?

les Medicis, bien accompagnés. Vous apercevez ici un exemplaire des différentes unités militaires qui vous aideront à devenir un redoutable condottiere.

Du coté des règles, il y a en effet du nouveau. Tout d'abord, personne ne peut recruter de tuiles « Artillery » ou « Cavalry » durant le première décade. Personne sauf… le joueur qui possède d'Este, si vous jouez avec la face A des personnages, mais j'y reviendrai après. Autre changement intéressant, le joueur qui met aux enchères une tuile Cité mais qui ne remporte pas cette tuile gagne une sorte de compensation : il peut acheter une carte Trahison.
Il n'y a en revanche rien de changé concernant les combats, et c'est tant mieux car j'aime bien cette formule : Si l'attaquant gagne… et bien il gagne le combat. S'il loupe sa bataille, alors le défenseur contre-attaque et on inverse les points de force (l'attaquant initial utilise ses points de force de défense, le défenseur ses points de force d'attaque). A présent, soit le défenseur gagne et remporte alors le combat, soit il y a un tout autre résultat et le combat est considéré sans vainqueur. Je comprends pas d'ailleurs pourquoi ce système simple, ludique et même réaliste n'est pas plus présent dans d'autres jeux de « Pan-dans-tag ! ». Concernant le début de partie, il y a de nouvelles règles pour l'ordre de tour et le choix des personnages, le tout avec des enchères. On a tout une procédure que je trouve un peu tarabiscotée, ou en tout cas à réserver aux connaisseurs ; je pense faire partie de ces derniers, mais je préfère finalement la règle alternative proposée.

Baglioni, D’Este, Gonzaga et cie….

Les nouveaux personnages (rangée du haut) avec leurs pouvoirs revisités, vous pouvez comparer avec les personnages de la première édition (rangée du bas).

Les personnages qu'incarnent les joueurs voient leurs pouvoir modifiés. De plus ils ont maintenant chacun une face A et une face B avec un pouvoir globalement moins fort que celui de la face A. En fait, il est dit dans les règles que le face B est pour ceux voulant un jeu moins agressif (« …for players who want to play slightly less agressively »)… ça me laisse un peu perplexe, allez savoir pourquoi.
Mais reprenons la tuile de D'Este. Dans la première édition, son pouvoir est de donner +1 avec l'artillerie. A présent, il donne +1 en défense et il permet d'acheter de l'artillerie à la première décade (face A), ou bien il donne +1 en défense (Face B). Un autre exemple, Baglioni. Dans l'édition originale, il peut payer 1 influence de moins pour devenir Condottiere. Dans cette réédition, il peut dépenser 1 Or ou 1 Influence de moins quand il remporte une mise (face A) ou bien il décide au début de la décade quelle réduction de 1 il appliquera (Or ou Influence). Un dernier pour la route ? Gonzaga : Il payait un de moins quand il achetait une tuile artiste. Maintenant, soit il dépense 2 ors de moins dans les enchères avec de l'or (face A), soit 1 or de moins (face B). Je ne vais pas tous vous les passer en revue, mais vous avez à présent une bonne idée des modifications intervenues.

L'esprit d'un jeu...

Le doge de Venise et ses sbires, entourant quelques éléments matériels du jeu. Faut-il y voir un signe ? Rappelons que Venise commence avec le statut le plus haut...

Voilà, il y aurait encore bien des choses à dire, mais je vais arrêter là cette présentation. Finissons quand même sur quelques propos généraux concernant Princes of the Renaissance. Comme dirait l'un de mes collègues de club, c'est LE jeu « des gros fourbasses ». Je vous invite à consulter certains comptes rendus de partie, vous comprendrez pourquoi. Je reste toujours aussi admiratif devant cette création de Martin Wallace, parce qu'il a su retranscrire toute cette « agitation » en Italie durant cette période dite de « la Renaissance », avec des moyens ludiques relativement simples, qui incitent les joueurs à se montrer eux-mêmes machiavéliques pour arriver à leurs fins. Les alliances, quand il y en a, sont purement de circonstance. On peut voir aussi un joueur remporter une enchère de Condottiere… pour perdre la bataille et faire plonger le prestige d'une ville qu'il prétendait défendre. Le fait qu'un joueur est limité dans le nombre de tuiles cités qu'il peut posséder entraîne des subtilités dans le déroulement du jeu qu'on ne perçoit pas au prime abord. Enfin, bref, j'espère vous avoir donné un peu envie de (re)plonger dans l'univers « ImpitoyaAAAableee! » de Princes of the Renaissance. Et bravo à Mercury Games !

Une des 10 planches qu'il vous faudra "dépuncher"...

Pour finir, le nouveau plateau : là encore de l'élégance, mais qui ne détourne pas les joueurs de l'essentiel.

Réaction des membres

>> voir les commentaires (5 réponses)

Les Articles flux_rss Articles

Mon bilan ludique 2016

Mon bilan ludique 2016

Faire le bilan ludique d'une année écoulée n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser, surtout que les confusions avec des parties jouées les années précédentes peuvent facilement se produ...
Lire la suite

Mon bilan ludique 2016

Mon bilan ludique 2016

Le temps passe, les années s’écoulent et ne se ressemblent pas… Quoique :p Nous voici donc en 2017, il est donc plus que temps de faire le bilan de 2016. Une fois de plus, cette année a été a...
Lire la suite

Premier Regard : Scythe

Premier Regard : Scythe

A peine disponible en boutique, je me suis jetée avidement sur ce tout nouveau jeu ! J'avais déjà eu l'occasion d'y jouer avec la version anglaise kickstartée et l'achat était déjà prévu et su...
Lire la suite

As d'Or 2017

As d'Or 2017

Le jury du Festival vient de dévoiler jeudi matin lors d'une conférence de presse à Paris son nouveau logo mais surtout les 10 nominés pour l’As d’Or 2017 : Voici donc tous les jeux nommé...
Lire la suite

Mon bilan ludique

Mon bilan ludique

J'avais zappé le bilan de l'an dernier, je ne vais pas faire cette erreur chaque année . Cette année ludique a été marquée par l'ouverture d'une association de jeux de société tout près de c...
Lire la suite

Mon bilan ludique 2016

Mon bilan ludique 2016

Il y a des rituels qui ne changent pas et janvier, c'est l'heure du bilan ! A quoi avons-nous le plus joué ? Qu'avons-nous le plus aimé ? Quels sont nos coups de coeur et nos coups de gueule ludique...
Lire la suite