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a la gloire dodin

A la Gloire d'Odin (2016)

  • de 1 à 4 joueurs
  • à partir de 12 ans
  • durée approx. de 100 minutes
  • Mécanismes : Pose d'ouvriers

Une partie de Le Zeptien

publié le 11/11/2016

Commentaires de parties

Le Zeptien

Découverte de A la gloire d’Odin hier soir pour les 4 joueurs présents à la table.

Monsieur Bloodyraoul avait rapporté le jeu d’Essen et potassé les règles. Ce nouvel Opus de Uwe « Agricola » Rosenberg avait attiré mon attention pour deux raisons : Le thème tout d’abord (parmi mes lectures du moment, il y a notamment un ouvrage sur les vikings), et puis pour l’auteur lui-même, curieux de voir si il proposait quelques chose de nouveau par rapport à ses productions antérieures.

Les jeux de ce cher Uwe...
Certes, j’ai pas toujours été enthousiasmé par le système ludique « Ronsenbergien » : cet auteur à un grand talent et compte parmi les auteurs majeurs d'aujourd'hui, seulement pour moi, ce qu’il fait semble souvent être des redites plus ou moins améliorées et camouflées de ses œuvres, avec un nouveau thème. Je trouve aussi qu’il y a quand même quelques lourdeurs, et si ses jeux sont curieusement assez fluides, il faut quand même avoir l’expérience de nombreuses parties pour commencer à avoir des stratégies construites… quand c’est possible. C’est peut-être cela la richesse, il est peut-être aussi là le talent d'Uwe, nous inciter à devoir insister... mais le découragement peut rapidement naître après un ou deux échecs cuisants et du coup, je connais quelques joueurs qui au final ont trouvé les jeux de Rosenberg trop tarabiscotés. De plus vous savez, dans un club, quand sur un jeu certains joueurs ont eu une mauvaise expérience pour des raisons X ou Y, ou même seulement une impression mitigée, ils ont tendance au zapping... des jeux comme Caverna ou Ora et Labora n’ont pas échappé à ce principe.
Je crois que pour apprécier vraiment un jeu de Uwe Rosenberg il faut y jouer souvent et si possible avec des joueurs motivés qui voudront revenir régulièrement sur la même boîte. Si on y joue une fois tout les 3 mois (et encore je suis optimiste), avec à chaque fois re-re-re-explication des règles, ce qui saoule quand il y en a beaucoup, on traîne un peu les pieds pour y revenir et se remettre dans le bain :(

Au fait, heu... et le prix ?
Mais c’est toutefois l’esprit ouvert que j’abordais hier soir cette partie de A la gloire d’Odin, le jeu très polémique du salon d’Essen 2016 en raison des différences entre les prix pratiqués. Je laisse le soin à Asmodée/Filosofia (mais surtout le premier nommé) d’expliquer un jour ce qui s’est passé, enfin si la perte de quelques clients potentiels peut les émouvoir un brin... En tout cas, je suis guère motivé à acheter le jeu à son prix actuel en VF : A moins d’être bourré de figurines, pour moi, 90 euros ou plus, ça reste encore aujourd'hui le prix de deux jeux ou d’un gros GMT. :?

Les actions : Embarras du choix ou choix de l’embarras ?
Concertant la partie elle-même, les explications des règles furent longues… il faut dire aussi que Uwe Rosenberg, comme je l’avais déjà signalé, participe je crois à une course à l’échalote avec Stefan Feld sur le nombre d’actions disponibles et les opportunités de marquer des points de victoire dans un jeu.
Pour les actions, avec A la gloire d’Odin, je crois que Stefan est battu : 59 actions possibles ! Certaines sont présentes en double. Sachant que vous disposerez d’un nombre restreint de vikings, et qu’il faut plusieurs vikings pour réaliser une action parmi les trois quart des actions proposées, inutile de vous dire qu’on se sent noyé rapidement dans tous ces choix, que vous allez connaître bien des frustrations et en ce qui me concerne, j’ai commencé absolument au hasard :oops: .
Mais le déroulé conserve cette fluidité dont je parle plus haut et parmi les 14 (!) phases d’un tour complet, c’est la phase de pose de trav…heu de paysa…heu de vikings (je vais y arriver) qui est la plus longue. 8)

"C'est un jeu de vikings ça ?"
Un petit mot sur le thème. Un joueur (le futur vainqueur d’ailleurs) a fait part de son étonnement après les explications de règles : il s’attendait pas vraiment à un jeu de gestion et pensait jouer « à un jeu de vikings », sous-entendu, avec castagne, invasion furieuse, pillage, assaut d’abbayes, de cités et je ne sais quoi d’autres, voire même possibilité de taper sur un adversaire. L’interaction entre les joueurs est évidement ici indirecte, pas de "pifpafpouf" direct "sur-ton-groin". Mais l'aspect conquête-pillage-colonisation est quand même un peu là, d’une manière certes édulcorée et sous forme de prise de risque : On choisit une case et pose un ou plusieurs vikings dessus selon la colonne d’actions choisie, puis on lance un dé (1, 2 ou 3 fois selon si le résultat convient ou pas) en rajoutant ou non des armes, on gagne des objets en cas de réussite et un lot de consolation en cas d’échec… comme à la pèche à la baleine ou pour la chasse d’ailleurs. C’est un choix de représentation ludique, mais dans le fond c’est assez proche du thème car les vikings étaient aussi pécheurs, chasseurs, agriculteurs et marchands et pas seulement des braillards armés jusqu’aux dents se jetant l’épée à la main sur tout ce que avait de la valeur. je crois de toute manière que des mécanismes de combats auraient encore plus alourdi un jeu déjà bien touffu. :!:

Donc, question respect du thème, A la gloire d’Odin est finalement bien vu :) . Par contre il y a pas vraiment de récit, de saga allais-je dire, ça reste de la gestion un peu mécanique pas très narrative. En faire un compte-rendu « enlevé » n’est pas simple quoi, c'est pourquoi j'insiste pas trop sur le déroulé de la partie. Je peux juste vous dire que deux joueurs terminent à plus de 100 points, ce qui est bien semble-t-il.

L'ombre de la ferme...
Comme dans Agricola, il faut nourrir régulièrement vos vikings. Comme dans Agricola, il faut utiliser et recouvrir votre plateau individuel de tuiles diverses et variés (de pièces d’argent aussi et même de minerais… me demandez pas pourquoi) pour échapper aux points négatifs. On peut se lancer dans des expéditions pour découvrir de nouvelle îles : vous prenez alors une grosse tuile qui représente les Shetland ou les îles Féroé par exemple et là encore, il faudra recouvrir cette tuile pour éviter des points négatifs. Enfin, il y a des tuiles en pagaille (comme dans les jeux de Feld tient…). Evidemment, je ne vais pas vous décrire les 59 actions une par une, ce serait bien fastidieux et puis je n’ai pas le jeu sous les yeux. Mais ça fait quand même une grosse salade tout ça, et je ne vous ai pas parlé des cartes, nombreuses elles aussi.

Bref, j’ai eu le sentiment d’avoir eu à faire à un jeu « aliénant », c’est-à-dire qu’il vous demandera une pratique un peu exclusive pendant un moment pour pouvoir dire plus tard « Ouai, j’commence vraiment à le maîtriser l’bousin ! », le genre de jeu qui mobilise bien l’esprit pendant au moins 3 heures à chaque fois, au risque parfois de la fameuse analysis paralysis, le type de jeu qui doit surtout pas être pratiqué à la légère au risque de passer à coté.

Pour conclure...
En fait, je sais pas encore trop quoi penser de A la gloire d’Odin : Le jeu n'est pas désagréable, loin de là, mais Il y a un aspect un peu « too much » qui fait qu’on ne sait pas trop ou donner de la tête, surtout sur une première partie. J’avais l’impression de jouer avec un jeu ayant déjà une ou deux extensions rajoutées, ce qui est un peu fort pour un premier contact. C’est ce que je reproche finalement à Rosenberg : Vouloir trop en faire d’un coup et souvent en plus avec les mêmes recettes. Des joueurs me disent parfois que lorsqu’ils jouent à Agricola, ils jouent de préférence sans les cartes, ou bien ils en introduisent un nombre restreint, parce qu'avec un joueur qui découvre (ou presque) à la table (et il y en a toujours un), c'est tout simplement pas possible :|

Bon, tout ça ne doit pas vous décourager à vous lancer sur A la gloire d’Odin :wink: . Avec cette première partie, je lui trouve quand même bien des qualités, je vous l'assure et j’ai même envie d’y revenir… mais à ce prix là, ce sera avec le jeu de quelqu’un d’autre. :mrgreen:

polybe

Merci pour ce compte rendu très clair comme d'habitude sur ce jeu "A la Gloire d'Odin". Bon, moi à la lecture, je me demande bien justement ce qu'Odin pense de tout ça! Même s'il a lu ta réponse sur le "jeu de viking" je ne suis pas sûr qu'Il trouve son compte de bons vikings décédés de mort violente à amener au Valhalla!

Le Zeptien

C'est certain, question Walhalla, Odin ne trouvera pas son compte dans ce jeu là... faudrait qu'il cherche plutôt du coté de "Invasions" ou de "Asgard"... :wink:

polybe

Ouaip! Enfin, je ne connais pas Asgard. Même dans Invasions, la fureur des hommes du nord est réservée aux cibles sur la carte. De mémoire, il n'est pas tellement possible d'aller au combat contre les autres joueurs. Il y aurait bien Britannia où on peut envoyer des vagues de Danois ou de Norvégiens sur les côtes anglaises. En revanche, le jeu où un joueur carolingien ou andalou craindrait l'arrivée des drakkars d'un joueur viking reste à inventer je crois!

Le Zeptien

Du coté de Cry Havoc, il y a pas eu un module avec des vikings ? Sinon, en cherchant dans d'autres vieux wargames... mais c'est vrai qu'en plateau, à part dans Britannia en effet, on les voit pas vraiment en action...

Photos de parties

Les trois vikings d'hier soir, le quatrième prend la photo...

Les trois vikings d'hier soir, le quatrième prend la photo...

Le tableau des actions disponibles... pas mal hein ?

Les terres lointaines que l'on peut éventuellement conquérir, les habitations qui peuvent être construites et plus loin, les montagnes exploitables

Une vue sur les nombreuses tuiles du jeu : les rangements sont fournis, sauf erreur de ma part, avec couvercles non ?

Une vue du plateau actions (avec les vikings "peons" comme dirait monsieur Franz) en cours de jeu...

Du bois et des menhirs... (enfin de la pierre quoi) piqués dans Via Nebula on dirait...)

Plateaux et cartes du vainqueur en fin de partie...