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Critique de Kingsport Festival

Cthulhu et ses frères sont une nouvelle fois de retour, c'est encore pire que les stars de la téléréalité, et comme à l'accoutumée ils ne sont pas contents, et ne sont pas là pour faire du tourisme dans cette petite bourgade qu'est Kingsport. Oh non ! Mais vous, ça vous arrange bien, car cette fois-ci vous ne serez pas du côté des gentils, mais celui des cultistes, et le retour de ces divinités anciens fait bien votre affaire. Cependant, la compétition est rude et bénéficier de la bénédiction suintante de ces monstruosités ne sera pas chose aisée, et la magie ne sera pas de trop pour vous défaire des investigateurs prêts à vous mettre des bâtons dans les roues.

Matériel

Derrière cette illustration sombre, où un vil cultiste surplombe la ville encore calme, se cache une boite bien remplie. Le plateau principal sera entouré des différentes cartes géantes richement illustrées représentant les différents dieux, qui ne manqueront pas de vous plonger dans l'effroi. Bien entendu chaque joueur aura à sa disposition des jetons à sa couleur. Enfin, on trouvera dans la boite beaucoup de cartes, pour les scénarios, les investigateurs, les évènements, les festivals, et enfin les sorts. On ajoute à ceci des cubes et des tuiles et vous avez un aperçu de l'ensemble, qui est conséquent et de qualité. Même si les écritures sur les cartes sont un peu petites, de même pour les pions sur les lieux qui sont très vite cachés par les pions. Les cartes des dieux agrandissent le plateau, et si la règle préconise de les mettre tout autour, sur une petite table vous serez obligé de les placer à côté, car Kingsport Festival est un jeu imposant qui justifie son prix.

Le graphisme qui nous plonge dans l'ambiance, est je trouve très réussi, les illustrations bien réalisées mettent en valeur les créatures, il est juste dommage que le plateau soit moins lisible. Les règles quant à elles bien que simples à comprendre, auraient peut-être gagné en clarté en se séparant mieux des ajouts littéraires sur les personnages. C'est certes très intéressant, j'ai adoré cette idée, mais cette présentation des personnages et livres se mélange trop aux règles et quelques encarts n'auraient pas été superflus, je pense. Surtout que quelques points de règles, à la fin, ont été inscrits dans ces marges jusqu'alors réservées aux personnages du jeu. Je chipote certes, mais je pense aussi aux joueurs.

Pour résumer Kingsport Festival propose une très belle édition, qui sans ces petits défauts mineurs auraient joui d'un confort de jeu plus important, mais cela ne gâche en rien le travail fait dessus et la qualité qui s'en dégage.

Règles

Un point sur le livret en lui-même avant de vous parler des mécaniques de jeu. A l'intérieur vous trouverez dans les marges une description avec un résumé de chaque investigateur. Ça n'a l'air de rien comme ça, mais ces investigateurs sont en fait, les différents héros des nouvelles de Lovecraft rassemblés dans ce jeu. Moi j'ai beaucoup aimé cette idée, et je me devais donc de vous en parler, car c'est un point fort du jeu, l'intégration quasi parfaite du thème, il en est de même pour les grands anciens qui disposent chacun de leur histoire au verso des cartes. Lorsque l'on est fan de Lovecraft c'est un joli plus. Et l'ajout du thème ne fait pas superflu, même si le jeu à des similitudes avec Kingsburg.

Dans Kingsport Festival, vous allez jouer un cultiste dont le but sera d'avoir à la fin de la partie le maximum de points de culte. Pour cela vous allez devoir avoir recours à l'invocation des grands anciens afin de bénéficier de leurs pouvoirs.

Chaque joueur va jouer une couleur, et disposer au début de la partie un pion sur le 10 de la barre de santé mental, un sur le 0 des points de culte et enfin un sur le 0 de la magie. Tout autour du plateau on va disposer les 20 grands anciens dans l'ordre numérique, le X étant placé à la fin. Au début d'un tour de jeu tous les joueurs lancent leurs dés, celui qui obtient le plus petit score se place sur le 1 et récupère 2 points de santé mentale, le suivant se placera sur le second emplacement et récupèrera 1 point de santé mentale, quant au suivant ou aux suivants ils se placeront derrière et ne gagneront rien. Ensuite dans l'ordre du tour chaque joueur va pouvoir invoquer un dieu. Pour cela il doit avoir dans son jet de dé le chiffre exact correspondant au dieu désiré, bien entendu il est possible de ne pas utiliser tous ses dés sur un seul dieu. Le joueur suivant fera de même, tout en sachant qu'il est interdit d'avoir plusieurs joueurs sur un même dieu, ou bien qu'un joueur joue plusieurs fois le même, sauf sur Nephren-Ka (le X), où le nombre de dés et de joueurs n'est pas limité. Disons que ce dieu mange à tous les râteliers.

Une fois que tous les joueurs ont posé leurs dés sur les dieux, on les résout dans l'ordre du tour de 1 à 19, c'est la phase de privilège. Il sera donc possible avec ces dieux de récupérer des ressources sous forme de cubes (les maléfices, la destruction ou la mort), de la magie, des points de santé mentale (très important, car c'est la monnaie principale pour les invocations), des cartes sorts et enfin la possibilité de regarder une des cartes évènements ou investigateurs prisent pour cette partie.

Les cartes sorts sont de 3 natures différentes :

- Les sorts maléfiques (violet) : qui permettent d'améliorer ses invocations.

- Les sorts de mort (noir) : qui permettent d'augmenter sa force face aux investigateurs.

- Les sorts de destruction (rouge) : qui permettent de gagner des points de culte ou des ressources.

Ensuite vient la phase de propagation, où les joueurs vont pouvoir investir les différents lieux du plateau afin de gagner des points de culte ou des avantages. Pour cela les joueurs doivent payer les coûts indiqués sur les lieux, grâce aux cubes récoltés lors de la précédente phase ou à l'aide de cartes. Pour investir les lieux, il est obligatoire de posséder au moins un marqueur dans le lieu tout juste inférieur à celui que l'on convoite. Ces lieux seront très importants pour combattre les investigateurs, tout comme les cartes sort de mort.

Ces investigateurs interviennent dans la ville de Kingsport lors de la phase suivante si jamais le marqueur de temps l'indique. Il y a 4 investigateurs par partie, et ces derniers sont répartis selon les énoncés de la carte scénario piochée en début de partie. Lorsque durant ce tour un investigateur intervient, on appelle cela le raid. On retourne alors la carte évènement et l'investigateur concerné, puis on résout d'abord la première carte, ensuite on regarde les compétences de l'investigateur ainsi que sa force indiquée en rouge (sur le dos de la carte figure une fourchette de sa force). Puis tous les joueurs voient s'ils peuvent ou non combattre cet agent du bien, et cela grâce aux lieux qui ajoutent de la force ou les cartes maléfices de mort. Si le joueur bat l'investigateur, il remporte la récompense nommée sur la carte, sinon il perd ce qui est indiqué. En cas d'égalité il ne se passe rien.

Une fois que le raid est résolu, s'il y en a durant ce tour, on avance le pion temps sur la piste qui comporte 12 chiffres, donc 12 tours de jeu. Une fois les 12 tours achevés on compte les points de culte de chaque joueur et celui qui en possède le plus remporte la partie. Pas de système complexe de score ici.

L'explication était volontairement succincte, je vous laisse le soin de découvrir toutes les subtilités du jeu, dans la très jolie règle.

Durée de vie

Kingsport Festival est un jeu aux parties assez longues (c'est d'ailleurs mon principal reproche), mais malgré cela les différentes pioches de cartes sont assez touffues pour proposer des parties différentes avec des objectifs qui diffèrent et des évènements qui viennent grandement chambouler la partie. Ajoutez à ceci plusieurs cartes scénarios et beaucoup d'investigateurs différents et vous aurez une idée de sa rejouabilité. Le seul frein à mes yeux, reste la durée d'une partie, qui malgré tout peut diminuer de moitié si les joueurs le désirent. Comme j'ai pu le faire en jouant avec mes enfants qui malgré leur âge (moins de 10 ans) ont bien compris le jeu. Après si le jeu a plu, il n'y aura aucune raison de ne pas revenir dessus, le plus complexe sera alors de trouver le bon public pour jouer avec vous, car il faudra au moins être 3, et le thème ne plaira pas forcément à tout le monde. Mais il restera un jeu de choix pour les soirées entre amis ou ayant pour le thème l'horreur.

Avis de la rédaction

Kingsport Festival fut un jeu assez atypique à mes yeux, ne cessant de me faire changer d’avis ou de sentiments à son propos. Avant de recevoir le jeu, je m’attendais à quelque chose de plus complexe, une fois entre mes mains il s’avéra que ce n’était pas le cas. Étant plus abordable qu’il n’y paraissait. En lisant les règles, je fus très agréablement surpris par l’excellent travail d’intégration du thème, me délectant de tous ces nota bene. Puis la première partie vint, me laissant un goût agréable en bouche, enfin plutôt entre les doigts, si ce n’était la longueur de la partie (plus de 2h). Puis la seconde partie mit en avant certains défauts évoqués au-dessus, mais toujours avec cette agréable sensation, puis les suivantes furent identiques, le nombre de joueurs n’influençant pas énormément l’expérience, si ce n’est encore une fois sur la durée, et les possibilités d’invocation, étant donné que nous ne sommes pas limités en nombre de joueurs sur les lieux. Mais au final Kingsport Festival est à mes yeux un jeu intéressant, assez fluide et bien pensé, avec un équilibrage bien dosé, les joueurs se suivant de près sur l’échelle des scores, mais pouvant aussi être plombés par une série de dés désavantageux, car le hasard est présent même s’il est possible de l’influencer légèrement. Mais ces quelques défauts n’ont pas foncièrement entaché mes différentes parties, et le respect qui se dégage des œuvres originales suffit à me faire aimer le jeu, et je pense que tout fan de l’univers de Lovecraft se doit de l’essayer sous peine de passer à côté d’une excellente pièce de cet héritage littéraire de qualité.

Commentaires (2)

Bardatir

D'ou vient le 3/5 sur le matos ? ce n'est pas très clair ni étayé je trouve.

Du matos pléthorique sombre et joli... une ergonomie à améliorée mais correcte. What else ?

cyril83

Je trouve que Arthelius au contraire a pas mal expliqué tous les petits défauts du matériel, aux règles, en passant par les illustrations et la lisibilité...

La note est peut-être un peu sévère mais elle ne manque pas d'éléments d'explication :)

Cela reste un test personnel et donc par définition subjectif même si bien entendu on essaye justement d'argumenter au mieux en jugeant l'ensemble des éléments. :)

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