Le « marché de Samarkand » est un jeu d'enchères où chaque joueur endosse la peau d'un riche commerçant qui essaye de tirer le meilleur profit de ses marchandises afin de pouvoir en acheter d'autres pour contenter aussi bien les amatrices de tapis, d'épices rares et de fruits juteux que les collectionneuses de bijoux, ou celles raffolant de beaux vêtements de soie.
Il devra aussi chercher à obtenir plusieurs marchandises de même valeur pour limiter les jalousies entre les différentes épouses composant son sérail.
Enfin, il faudra penser à acheter suffisamment de chameaux pour
pouvoir ramener le précieux chargement dans une lointaine contrée, au risque de devoir laisser une partie des achats sur place...
Une partie se joue en dix tours de jeu.
A chaque tour de jeu, les joueurs choisissent secrètement la
marchandise (carte) de leur main qu'ils veulent mettre aux enchères. Le doyen du souk (premier joueur) commence alors un décompte décroissant représentant la hauteur de l'enchère.
Lorsqu'un joueur souhaite acquérir une marchandise, il stoppe le décompte, désigne la marchandise convoitée et paye la somme égale à la hauteur de l'enchère au vendeur.
Si plusieurs joueurs souhaitent acquérir la même marchandise au même moment, la dispute qui s'ensuit ne permet pas de vendre la
marchandise et tous les belligérants sont alors mis à l'amende et doivent payer la moitié de la somme au vendeur.
A la fin de la partie, on effectue le décompte des points.
Chaque joueur va marquer des points en fonction de sa richesse accumulée (nombre de dirhams),mais aussi de la rareté des marchandises
achetées (type de marchandise la moins acheté par le joueur), ainsi que de la quantité de marchandises de même valeur achetées.
Si un joueur n'a pas acheté suffisamment de chameaux pour transporter ses marchandises, il va devoir se défausser de certaines cartes.
A l'inverse, si le joueur a acheté trop de chameaux, il perdra autant
de points que de places inoccupées sur ses chameaux (valeur des cartes « chameau »).
Le problème majeur des jeux d'enchères, surtout quand il ne s'agit quasiment que du seul mécanisme du jeu, est qu'ils peuvent être froids, mécaniques ou trop calculatoires (ce fut par exemple mon ressenti sur le pourtant très apprécié "Art Moderne", qui reste un bon jeu toutefois).
Samarkand réussi à se démarquer de tout ça par un système d'enchères plus dynamique, plus sympa, presque fun si on prend le jeu par un certain bout et qui en plus se paie le luxe de bien coller au thème.
Les règles sont simples et les parties rapides. Les illustrations sont réussies, la boite est proposée à un format idéal et le jeu est fin et intelligent.
Une envie de reviens-y s'en dégage après les premières parties qui montrent bien que plusieurs façons de jouer peuvent être mises en place.
Du costaud dans du léger, ça fait plaisir.
J'ai eu la chance d'essayer (et de ramener) ce jeu lors du salon de Cannes 2010 et cette impression de jeu rapide, simple et pourtant riche, que je ne trouve pas si souvent, m'aura été offertes par trois titres! (Samarkand, Arriala et Intrigo)
Samarkand est le premier disponibles et va être pas mal joué en attendant les deux autres.
Une bien belle réussite!