Grandeur et décadence d'un empire....
Byzantium est sans conteste l'une des meilleures productions de Wallace en ce qui concerne ses jeux de conquête. C'est aussi un beau jeu Warfrog, la qualité du matériel, surtout dans le graphisme (plateau principal et plateaux individuels) est indéniable, et cela a pas mal surpris (agréablement cela va sans dire, surtout quand on connait Age of steam) les fans de ce génial auteur anglais. Pour le reste, nous retrouvons des pions ronds en bois, des cubes en bois, et les inévitable pièces en plastique pour l'argent (toujours aussi peu esthétiques celles là, mais bon c'est pas grave, la qualité du reste compense largement). Pas de cartes par contre, mais...des dés. Oui, car il y a des combats aux dés dans Byzantium. Je vais y revenir... [b:3co1hp3o]La présence du thème dans Byzantium[/b:3co1hp3o] : Ce qu'il y a de surprenant dans ce jeu, c'est qu'avec des mécanismes nombreux mais assez simples, sans chercher à simuler absolument comme dans ce qui serait un wargame à l'échelle stratégique, nous avons un thème très présent, et lorsque l'on raconte une partie de Byzantium, on parle de sa faction arabe qui a attaqué Nicea ou Jerusalem, des bulgares qui prennent Adrianople aux portes de Constantinople, ou d'une faction Byzantine qui s'empare d'une cité perse. Il y a quelque chose d'épique, avec l'Histoire en marche sous vos yeux : L'essort du monde arabe, l'écroulement de l'empire perse, et l'empire byzantin sur la défensive. Et pourtant, des observateurs attentifs ont remarqué qu'au final, Byzantium est avant tout un jeu de gestion de cubes. C'est vrai, et pourtant, c'est un aspect que l'on oublie très vite, tant le jeu est excellent. [b:3co1hp3o] Chaque joueur dirige donc une faction arabe et une faction byzantine[/b:3co1hp3o]. On joue donc concrètement sur deux tableaux, en essayant d'équilibrer les résultats sur les deux (on y marque des points), car c'est leur cumul qui peut vous donner la victoire...sauf si évidemment, la grande cité de Constantinople vient à tomber ! Car Wallace aime les fins alternatives, qui peuvent remettre en question le leadership d'un joueur. Et si Constantinople tombe, seuls les points sur la piste arabe comptent. Cela crée une tension terrible dans le jeu, ou tout le monde se surveille du coin de l'oeil. Et je ne vous ai pas encore parler des fameux bulgares, une puissance neutre qui peut être utilisée par n'importe quel joueur (mais ils ne peuvent être activés au maximum que 6 fois dans la partie), et qui peut prendre Constantinople....celui qui les méne marque 5 points sur sa piste de points arabes si il réussit la prise de la grande cité...et met fin automatiquement à la partie (et le joueur ayant le plus de points arabes alors l'emporte)...chaud, chaud tout ça. Il y a evidemment des actions spéciales, toutes en nombre limité par tour (3 grands tours au total, comme à Perikles ou Struggle of Empire), pouvant être prises que par un joueur à la fois, qui permettent de provoquer des guerres civiles (entre Byzantins ou entre arabes), de contrôler une flotte, d'avoir dans ses rangs le Calife ou l'empereur, de construire des remparts, de lever des taxes, etc, etc.... [b:3co1hp3o]Bref, un jeu tentaculaire, intense, et même épuisant[/b:3co1hp3o] tant il demande de la reflexion pour enchainer un tant soit peu avec efficacité vos actions, tout en surveillant ce que font les autres (il est hors de question de se contenter de jouer dans son coin). Il y a aussi de l'opportunisme à Byzantium, qui va de paire avec de réels choix stratégiques. [b:3co1hp3o]Pour finir, les combats aux dés[/b:3co1hp3o]. Voilà un aspect du jeu qui pourrait faire reculer les plus réfractaires au hasard. Alors, je vais essayer d'être bien clair : a moins d'attaquer "en short" (et là oui, le joueur s'en remet entièrement au hasard et ne peut s'en prendre qu'à lui-même si il échoue), les dés dans 80% des cas environ ne vont pas vous dire si oui ou non vous réussissez votre attaque, mais plutôt quelles pertes vous ingligez à votre adversaire et quelles pertes il provoque dans vos rangs. En d'autres termes, un joueur qui attaque est dans 80% des cas en position de l'emporter, le seul suspense portant sur ses pertes et celles de son adversaires. Tout l'art à Byzantium est de se créer des situations où les risques de perdre un combat sont quasi nuls...et pour cela, il faut bien se déplacer, bien gérer ses troupes (fondamental), et frapper au bon moment et au bon endroit...c'est en tous cas un constat que j'ai pu faire au cours de mes 6 parties à ce jour. Voilà, j'espère vous avoir convaincu d'essayer un jour cette perle ludique. Attention toutefois aux règles dont les premières lectures peuvent destabiliser leur lecteur. Il existe aussi quelques points de règles un peu imprécis ou obscurs qui ont été heureusement éclairés par une FAQ bien faite et précise....cela dit, dans les éditions réçentes, les règles ont été relues et corrigées me semble-t-il....néanmoins, je pense que vous ne ferez quand même pas l'économie d'aller jeter un oeil sur la FAQ. Byzantium demande un investissement intellectuel et en temps un peu plus important que pour la plupart des jeux de son calibre, mais le bonheur ludique est bien au rendez-vous. Merci encore monsieur Wallace. Et n'oubliez pas : Surveillez les bulgares !